En bref
- Deux questions à poser : où tourne votre agent IA, et où le modèle d'IA lit vos données. Les deux réponses peuvent être différentes.
- Claude, le modèle que nous utilisons, peut traiter vos données sans sortir de l'UE par Amazon Bedrock ou Google Cloud. L'API directe d'Anthropic et Microsoft Foundry ne le permettent pas (relevé du 12 octobre 2026).
- Vous choisissez où l'agent tourne : votre cloud en région UE, vos serveurs ou un serveur dédié chez nous. Notre supervision ne recevra que des indicateurs et des alertes.
La protection des données freine beaucoup d'entreprises. En 2025, parmi les entreprises de l'UE (10 salariés et plus) qui avaient envisagé l'IA sans l'utiliser, 48,83 % citaient la crainte d'enfreindre la protection des données et de la vie privée (Eurostat). Dire « vos données restent en Europe » ne suffit pas. Voici comment, concrètement, avec les limites.
Deux questions distinctes : où tourne l'agent, où le modèle lit vos données
Un agent IA est un petit programme. Il lit un courriel, une facture ou une fiche client, puis prépare une action. Selon le niveau d'autonomie choisi avec vous, il attend que votre équipe valide, ou il agit et vous rend compte. Ce programme tourne sur un serveur. Première question : lequel, et où ?
Pour comprendre et rédiger, l'agent envoie un extrait de texte à un modèle d'IA, ici Claude, conçu par Anthropic. Le modèle lit cet extrait et renvoie une réponse. Ce calcul a lieu dans un centre de données. Seconde question : où ?
Un agent installé à Paris peut envoyer vos textes à un modèle qui calcule aux États-Unis. Les deux réponses comptent.
Claude en Europe : deux voies possibles, trois impasses
Nous avons relu les documentations officielles le 12 octobre 2026.
L'API directe d'Anthropic ne propose pas l'Europe. L'API, c'est la porte d'entrée par laquelle un programme parle au modèle. Le calcul y est « global » (n'importe où dans le monde) ou limité aux États-Unis. Les données que l'espace de travail conserve sont stockées aux États-Unis uniquement (documentation Anthropic).
Claude Platform on AWS non plus. Ne la confondez pas avec Bedrock : cette offre est vendue par Amazon, mais c'est Anthropic qui fait tourner le modèle. Le calcul y est lui aussi mondial ou limité aux États-Unis (documentation Anthropic).
Microsoft Foundry non plus. La plateforme d'IA de Microsoft sur Azure propose Claude en mode mondial ou en « zone de données États-Unis ». Aucune zone Europe (documentation Anthropic).
Amazon Bedrock propose un profil « EU ». Un profil est un réglage d'Amazon qui répartit vos demandes entre plusieurs de ses régions (des groupes de centres de données) d'une même zone. Si l'agent l'appelle depuis une région de l'UE, le profil EU envoie les demandes à Claude (Opus 5.5, Sonnet 5.5 et Haiku 5.5) vers six régions : Francfort, Stockholm, Milan, Espagne, Irlande et Paris. Un piège : appelé depuis Londres, le même profil ajoute Londres ; appelé depuis Zurich, il ajoute Zurich. Ces deux villes sont hors UE. Nous ne l'appellerons donc jamais depuis ces deux régions. Autre limite : pour ces modèles, Bedrock ne propose pas de traitement limité à une seule région de l'UE (fiche Opus 5.5 sur AWS). Amazon conseille de contrôler la liste réelle des destinations depuis chaque région de départ, sans se fier au seul nom du profil (documentation AWS). Nous le ferons à chaque installation.
Google Cloud propose un point d'accès « eu ». Un point d'accès est l'adresse à laquelle l'agent envoie ses demandes. Selon Google, ce point d'accès couvre « strictement » les États membres de l'UE (documentation Google Cloud). Opus 5.5, Sonnet 5.5 et Haiku 5.5 y sont disponibles (fiche Opus 5.5 sur Google Cloud). Le point d'accès mondial, lui, peut traiter une demande n'importe où dans le monde. Rester en Europe coûte un peu plus : Anthropic indique un supplément de 10 % par rapport au point d'accès mondial (documentation Anthropic).
Un modèle ouvert chez vous : le matériel nécessaire
Autre voie : un modèle ouvert. Son fabricant le publie, et vous l'installez sur vos propres machines. Aucun texte ne part alors chez un fournisseur de modèle. Mistral AI en publie plusieurs sous licence Apache 2.0, une licence libre.
Le matériel est le vrai sujet. Un modèle d'IA tourne sur des processeurs graphiques (GPU) : les puces de calcul des cartes graphiques. Quelques repères publiés par Mistral :
- Mistral Small 4 : au minimum « 4x NVIDIA HGX H100, 2x NVIDIA HGX H200 ou 1x NVIDIA DGX B200 », selon la formule de Mistral. Ce sont des équipements de centre de données (Mistral).
- Mistral Large 3 : un serveur à 8 processeurs graphiques A100 ou H100, dans une version compressée du modèle publiée par Mistral (Mistral).
- Ministral 3 (3, 8 ou 14 milliards de paramètres : c'est sa taille) : NVIDIA en propose des versions adaptées aux PC et portables équipés de cartes RTX (Mistral).
Plus le modèle est petit, plus le matériel est simple. Mais ces modèles ne font pas tous la même chose : nous les testerons sur vos cas réels avant de choisir. Cette voie convient surtout aux entreprises qui l'exigent et peuvent investir dans ce matériel.
Option 1 : votre compte cloud, en région UE
L'agent tourne dans votre compte Amazon Web Services ou Google Cloud, dans une région européenne. Le modèle passe par Bedrock (profil EU) ou par le point d'accès « eu » de Google, dans ce même compte.
- Ce que vous y gagnez : vous gardez les clés du compte. Vous voyez ce qui tourne et pouvez retirer nos accès. Chez Amazon, la consommation de Claude figure sur votre facture AWS.
- Ce que ça demande : un compte cloud et quelqu'un pour l'administrer, chez vous ou chez votre prestataire.
- Un cas à anticiper : par exemple, une PME de 40 salariés équipée chez Microsoft. Microsoft Foundry ne propose pas de traitement de Claude limité à l'Europe. Elle peut ouvrir un compte AWS ou Google Cloud pour le seul modèle, choisir l'option 3, ou passer par un modèle ouvert.
Option 2 : vos propres serveurs
L'agent tourne sur vos serveurs, dans vos locaux ou chez votre hébergeur. Pour le modèle, deux cas :
- Claude par Bedrock ou Google Cloud en Europe : les extraits de texte quittent vos serveurs, mais restent dans l'UE.
- Un modèle ouvert installé chez vous : rien ne sort. Il faut alors les serveurs à processeurs graphiques décrits plus haut.
Vous entretenez le matériel. Les mises à jour des agents et l'accès à distance suivront des modalités définies avec vous et précisées dans votre devis.
Option 3 : un serveur dédié chez nous, en Europe
Vous ne voulez rien gérer. L'agent tournera sur un serveur réservé à votre seule entreprise, que nous louerons en Europe ; l'hébergeur et le pays seront précisés dans votre devis. Le modèle passera par un compte Bedrock ou Google Cloud à notre nom, réglé sur l'Europe.
- Ce que vous y gagnez : rien à installer ni à entretenir.
- Ce que ça implique : nous traitons vos données pour votre compte. Le RGPD nous rend alors « sous-traitant » (article 4) et impose un contrat. Il fixe notamment l'objet, la durée, la nature et la finalité du traitement, et le type de données concernées. Amazon ou Google deviennent nos propres sous-traitants : il nous faut pour cela votre autorisation écrite préalable (article 28, texte sur le site de la CNIL).
- La question à nous poser : comment récupérer vos agents et vos données si vous partez. Ces conditions sont définies avec vous et précisées dans votre devis.
- Coût : sur devis.
Dans les options 1 et 2 aussi, nous pouvons avoir besoin de consulter vos données pour installer ou dépanner un agent. Or le RGPD compte la simple consultation parmi les traitements de données (article 4). Par prudence, nous prévoyons alors le même contrat.
Ce qui remontera à notre supervision, et ce qui n'en remontera pas
Quelle que soit l'option, nous suivrons vos agents depuis notre CRM, notre outil de suivi des clients. Seuls des indicateurs et des alertes y arriveront.
Ce qui remontera :
- les indicateurs de chaque agent : nombre d'actions préparées, part validée telle quelle par votre équipe, erreurs ;
- la consommation du modèle, en « jetons », l'unité de texte que le fournisseur facture ;
- les signalements : l'agent signalera lui-même un bug, une erreur qui se répète ou un changement de modèle d'IA. Un ticket s'ouvrira, et vous le suivrez dans votre futur espace client.
Ce qui ne remontera pas :
- le contenu de vos courriels, factures, devis et pièces comptables ;
- les noms et coordonnées de vos clients et fournisseurs ;
- le journal détaillé de chaque action (ce que l'agent a lu, ce qu'il a proposé, qui a validé) : il est prévu qu'il reste dans votre installation (avec l'option 3, sur le serveur dédié).
Un signalement contiendra un détail technique : quel agent, quelle étape, quel message d'erreur. Nous prévoyons de le filtrer pour en retirer les données personnelles. Et dans les cas d'arrêt prévus pour chaque agent, l'agent s'arrêtera et passera la main à votre équipe, chez vous.
Ces offres changent vite. Cet article reflète les documentations lues le 12 octobre 2026. Nous les revérifierons avant chaque installation.
Pour aller plus loin
- Données et sécurité : nos engagements sur l'hébergement et l'accès à vos données.
- La supervision : le suivi prévu de vos agents, les alertes et le rapport mensuel.
- Nos agents : ce que chaque agent préparera, et ce que votre équipe validera.
- L'audit : nous faisons le point sur vos outils, vos données et vos contraintes, puis nous recommandons une option. Il est payant, sur devis, et son prix est déduit du devis de mise en place si vous le signez dans les 30 jours. Demander un audit