En bref
- Un agent IA peut se brancher, via leurs interfaces officielles (API), sur Odoo, Microsoft 365, Google Workspace, Sellsy, Axonaut, Holded, Teamleader et Exact Online : chacun documente la sienne. Les conditions varient : chez Odoo, il faut une formule « Custom » ; chez Holded, une formule payante. Les limites ne sont pas toujours publiées.
- Sur Odoo, une échéance compte : les deux anciennes interfaces, XML-RPC et JSON-RPC, doivent disparaître avec Odoo 22, à l'automne 2028, et dès l'hiver 2027 sur Odoo Online.
- Notre règle : au départ, l'agent lit et prépare, et chaque écriture attend l'accord de votre équipe. L'agent ne paie jamais. L'envoi à un tiers d'un document qui vous engage ou une suppression de données restent toujours soumis à validation.
Votre gestion tourne sur Odoo et vos courriels sur Microsoft 365 ? Un agent IA peut s'y brancher par l'API de chaque logiciel. Une API est une porte d'entrée officielle : un programme y lit des données ou y dépose une action, avec une autorisation.
Nous avons lu les documentations officielles les 12 et 13 octobre 2026. Quand une limite n'y est pas publiée, nous le disons.
Ce que fait un connecteur : lire, proposer, écrire avec votre accord
Un connecteur est le petit programme qui relie l'agent à un logiciel. Il fait trois choses :
- Lire les courriels, les factures, les fiches clients. En lecture seule quand le logiciel le permet.
- Proposer un brouillon de réponse, une relance, un devis, que vous validez.
- Écrire avec votre accord : au départ, l'action ne part qu'après le feu vert d'une personne de votre équipe. Plus tard, l'agent peut agir seul sur des cas simples, décrits par écrit à l'avance. Cela n'arrive qu'après une période de mesure et avec votre accord écrit. L'agent ne paie jamais. L'envoi à un tiers d'un document qui vous engage ou une suppression de données restent toujours soumis à validation.
Par exemple, une PME de 40 salariés facture dans Odoo et échange avec ses clients dans Outlook. L'agent lit les réponses, retrouve la facture et prépare une relance. La comptable valide, corrige ou refuse. Si un client conteste, l'agent s'arrête et lui passe la main.
Messagerie : Microsoft 365 (Graph) et Google Workspace (API Gmail)
Microsoft 365 s'ouvre par Microsoft Graph. L'application s'enregistre dans Microsoft Entra, l'annuaire des comptes de Microsoft. Elle agit ensuite au nom d'un utilisateur connecté ou avec sa propre identité. Deux points comptent :
- La permission d'écrire des courriels,
Mail.ReadWrite, n'inclut pas l'envoi, qui demandeMail.Send. L'agent peut donc préparer des brouillons sans pouvoir envoyer. - Accordée sans utilisateur, la lecture vaut pour toutes les boîtes de l'organisation. Votre administrateur peut la limiter à certaines boîtes, par exemple « contact@ ». Condition : retirer l'autorisation globale donnée dans Entra. Sinon, les deux autorisations s'additionnent et la limite ne joue pas.
Limites : 10 000 requêtes par tranche de 10 minutes, 4 requêtes simultanées et 150 Mo de données transmises (créations et modifications) par tranche de 5 minutes, pour chaque couple application et boîte. Au-delà, Graph répond « trop de requêtes » et l'agent patiente.
Google Workspace s'ouvre par l'API Gmail, avec OAuth 2.0 : un protocole qui ouvre un accès limité sans confier de mot de passe. Les permissions s'appellent des « scopes ». Google classe gmail.readonly, gmail.compose et gmail.modify comme « restreints » : une application publique qui les utilise passe une vérification, et une évaluation de sécurité si elle stocke ou transmet ces données sur des serveurs.
Exception utile : une application déclarée « interne » n'a pas à passer cette vérification. Elle doit être réservée aux personnes de l'organisation Google Workspace du client, dans un projet qui appartient à cette organisation. Google précise que, dans ce cas, les scopes restreints ne demandent pas d'examen supplémentaire. Le projet se crée donc dans l'organisation du client. Les règles de Google sur les données des utilisateurs s'appliquent quand même.
Différence avec Microsoft : chez Google, le scope des brouillons, gmail.compose, permet aussi d'envoyer. C'est donc le connecteur, et non la permission, qui devra bloquer l'envoi sans accord.
Quotas : 1 200 000 unités par minute par projet, 6 000 par minute et par utilisateur. Envoyer un message coûte 100 unités, en lire un 20. À surveiller : Google prévoit de facturer les dépassements « plus tard en 2026 », avec au moins 90 jours de préavis, sans date publiée à ce jour.
Odoo 19 : la nouvelle API JSON-2 et la fin d'XML-RPC et de JSON-RPC avec Odoo 22
Odoo 19 introduit l'API externe JSON-2, avec une clé d'API jointe à chaque appel. Ce qu'il faut savoir :
- La formule : l'API externe n'est ouverte que sur les formules « Custom » d'Odoo, pas sur « One App Free » ni « Standard ».
- La clé dure trois mois au plus. Il faut donc la renouveler au moins chaque trimestre. Nous suivrons sa date de fin pour éviter une coupure.
- Le compte : Odoo recommande un utilisateur « robot » dédié, aux droits minimaux. L'agent ne fait que ce que ce compte peut faire.
- Les transactions : chaque appel est validé ou annulé seul. On ne peut pas en regrouper plusieurs en une seule opération qui réussit ou échoue d'un bloc.
L'échéance : XML-RPC et JSON-RPC, les deux anciennes interfaces d'Odoo, sont dépréciées, c'est-à-dire encore en service mais appelées à disparaître. Odoo prévoit de les retirer dans Odoo 22, à l'automne 2028, et dès la version 21.1 d'Odoo Online, à l'hiver 2027. JSON-2 n'existe qu'à partir de la version 19. Un connecteur pour Odoo 17 ou 18 passe donc encore par XML-RPC ou JSON-RPC. Il devra changer d'interface avant votre passage à Odoo 22.
Logiciels de gestion en France, en Espagne et en Belgique : Sellsy, Axonaut, Holded, Teamleader, Exact Online
- Sellsy (éditeur français) : API V2. L'accès se crée dans Réglages > Portail Développeur, et des scopes limitent ses droits. Une requête n'aboutit que si la personne qui a créé l'accès a la licence nécessaire. Au-delà des limites, l'API refuse ; Sellsy conseille 200 ms entre deux appels, sans publier de quota chiffré.
- Axonaut (éditeur français) : API v2 (devis, factures, paiements, dépenses, projets, tickets). La clé d'API passe dans l'en-tête
userApiKey, une information technique jointe à chaque appel. Limites : aucune n'est publiée dans la description de l'API. - Holded (éditeur espagnol) : API v2, ouverte sur les formules payantes, pas sur la formule gratuite. La clé se crée dans les paramètres, rubrique Développeurs. Pour chaque clé, on choisit l'accès à chaque module : lecture, écriture ou complet. Limite : un plafond mensuel, qui dépend de la formule.
- Teamleader Focus (éditeur belge) : OAuth 2, avec un jeton qui expire en général après une heure, puis se renouvelle. Les limites se comptent par intégration et par compte Teamleader, sur une minute glissante ; la documentation n'affiche qu'un exemple, 200 requêtes. Chaque intégration reçoit une version datée de l'API ; passer à une version plus récente reste au choix.
- Exact Online (éditeur néerlandais, proposé en Belgique) : OAuth 2.0 et 60 appels par minute et 5 000 par jour, par entreprise et par application. D'autres plafonds peuvent s'appliquer selon le contrat. Le jeton vaut 10 minutes. Plus de 10 erreurs par heure sur un même point d'accès bloquent la clé pendant une heure, puis plus longtemps si les erreurs continuent.
Connecteur écrit sur mesure ou outil d'automatisation : quand l'un, quand l'autre
Nos agents seront écrits en code, testés et versionnés. Pour les branchements simples, un outil d'automatisation peut suffire : il relie des logiciels par des blocs prêts à l'emploi. n8n, par exemple, en propose pour Gmail, Outlook et Odoo.
L'outil d'automatisation convient quand le bloc existe et que l'action est simple et facile à corriger : classer un courriel, créer un contact.
Le connecteur sur mesure s'impose quand :
- aucun bloc n'existe pour votre logiciel ou votre version ;
- l'action touche à l'argent ou engage l'entreprise : il faut des tests, un journal de chaque action et des droits au plus juste ;
- l'interface change bientôt. La documentation de n8n ne dit pas quelle interface d'Odoo son bloc utilise. Son code source, lu le 13 octobre 2026, le montre : JSON-2 quand on le connecte par clé d'API (Odoo 19 et plus), JSON-RPC quand on le connecte par mot de passe. Avec Odoo 17 ou 18, le bloc passe donc par JSON-RPC, dont le retrait est prévu avec Odoo 22. Ce code est publié depuis la version 2.23.0 de n8n, en mai 2026.
Dans les deux cas, chaque connecteur aura une version figée. Une mise à jour passera par une courte recette, c'est-à-dire des essais avant la mise en service. Nous préparons aussi un signalement automatique : en cas d'erreur répétée, le connecteur ouvrira lui-même un ticket dans notre outil de support, lui aussi en préparation.
Tableau récapitulatif et date de vérification
Relevé des 12 et 13 octobre 2026, sur les documentations officielles.
| Logiciel | Interface | Authentification | Limites relevées | Statut |
|---|---|---|---|---|
| Microsoft 365 | Graph v1.0 | OAuth 2.0 (Entra) | 10 000 req. / 10 min, 4 simultanées, par application et par boîte | Vérifié |
| Google Workspace | API Gmail | OAuth 2.0, scopes restreints (pas d'examen pour une application interne) | 1 200 000 unités / min par projet, 6 000 / min par utilisateur | Vérifié |
| Odoo 19 | JSON-2 ; XML-RPC et JSON-RPC retirés en Odoo 22 (Odoo Online 21.1) | Clé (3 mois au plus), formule Custom | Non publiées | Vérifié |
| Sellsy | API V2 | Accès créé dans le Portail Développeur, scopes | 200 ms conseillées entre appels ; quota non publié | Vérifié |
| Axonaut | API v2 | Clé userApiKey | Non publiées | Vérifié |
| Holded | API v2 | Clé, permissions par module, formule payante | Plafond mensuel selon la formule | Vérifié |
| Teamleader Focus | Versions datées | OAuth 2, jeton d'environ 1 h | Minute glissante, par intégration et par compte ; seul un exemple est publié (200) | Vérifié |
| Exact Online | API Exact Online | OAuth 2.0, jeton de 10 min | 60 / min et 5 000 / jour par entreprise et par application ; autres plafonds selon le contrat | Vérifié |
Une API change : nous relirons ces pages à chaque mise en place, puis lors des revues de supervision.
Pour aller plus loin
- Nos quatre agents en préparation (courriels, relances, devis, pièces comptables) : Agents
- Les paliers d'autonomie, de l'observation à l'autonomie surveillée : Méthode
- Le suivi prévu de vos agents et de leurs connecteurs : Supervision
- Où transitent vos données : Données et sécurité
- Inventorier vos outils et leurs versions : l'audit, 490 € HT, déduit du devis si vous le signez dans les 30 jours